Nous passons la grande porte qui fait office d’entrée au Cambodge sous une pluie battante, et nous pouvons directement nous rendre compte de la différence de niveau de vie avec la Thaïlande. C’est incroyable comme les choses peuvent être si différentes de part et d’autre d’une frontière ! La route est un peu plus dégradée (et nous sommes de retour à droite!), les bâtisses le long de la route paraissent bien plus précaires et le mode de vie semble tout de suite plus rural.

Le système monétaire est aussi un peu différent car les gens utilisent ici 2 monnaies : le dollar américain et le riel, la monnaie locale. À savoir que 4 000 riels font 1 dollar, en pratique on peut donc payer un repas 10 000 riels ou bien 2 dollars et 2 000 riels. Il n’est donc pas facile au début de jongler entre les 2 mais on s’y fait finalement assez rapidement en utilisant les riels comme des centimes.

La route, bordée de village d’où nous parviennent de très nombreux « hello » criés par les enfants, nous mène tout d’abord à Siem Reap, où se trouve le fameux site d’Angkor et ses temples mondialement connus. Il est clair que la ville de Siem Reap a été développée pour le tourisme, comme en témoigne le nombre incalculable de guest-houses bon marché et d’hôtels de luxe. Nous avons l’impression que n’importe quel voyageur en Asie du Sud-Est passe par les temples d’Angkor, que ce soit le voyageur en sac à dos, le groupe de touristes chinois fortunés ou encore la famille en voyage culturel.

Nous visitons les temples du site d’Angkor pendant 3 jours, et nous sommes nous aussi conquis par la beauté et l’envergure de cet endroit. Tous les temples sont différents, chacun a son histoire, son degré de restauration ou de conservation, son architecture bien spécifique… Nous sommes subjugués par ce lieu si spécial. Outre l’imposant Angkor Wat, notre préférence va au Bayon le temple central de l’ancienne ville d’Angkor Thom, capitale des souverains khmers au début du XIIIe siècle.

Le site d’Angkor est une réelle fierté au Cambodge, en effet il s’agit par exemple du seul monument au monde à figurer sur un drapeau national. Les temples sont aussi un des seuls endroits épargnés pendant les conflits qui ont secoué le pays jusqu’en 1999. Le pays tout entier reste par ailleurs encore assez marqué par cette période sombre et les explosifs de l’époque font encore de nombreux dégâts aujourd’hui.

DSC_1132Preah Khan

 

DSC_1105Vue depuis le Baphuon

 

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La nature reprend ses droits

 

DSC_1023Angkor Wat, monument le plus célèbre du site

 

Nous profitons de notre arrêt proche du lac Tonlé Sap pour aller faire un tour dans un village tout à fait surprenant. Cette zone étant complètement
inondée, le village entier a été construit sur pilotis, à environ 5-7 mètres de hauteur selon le niveau de l’eau. C’est assez incroyable de voir un tel village à l’écart du reste de la population vivre en parfaite autonomie avec ses propres ressources et infrastructures.

DSC_1172La forêt inondée

 

DSC_1168Le village de Kompon Phluk

 

DSC_1203Un mode de déplacement original dans le village

 

Nous reprenons la route en direction de l’Est où l’objectif est d’atteindre le Mekong pour ensuite remonter au nord en suivant son lit. Nous pensions avoir vu des gens qui vivent dans l’eau en Thaïlande, mais ce n’est rien comparé au Cambodge! Toutes les maisons sont surélevées et il est difficile de trouver des endroits qui ne sont pas irrigués. Notre route nous mène à travers des paysages magnifiques où s’entremêlent les palmiers et les rizières à perte de vue. Nous constatons aussi de nombreux restes de l’époque coloniale française, notamment pour les bâtiments officiels ou encore le nom de certaines rues (il y a une avenue du Général de Gaulle à Siem Reap par exemple). La population locale se nourrit principalement de produits frais achetés dans la rue ou dans les marchés couverts que l’on peut trouver dans les villes un peu plus importantes. La base de chaque repas est bien entendu le riz que l’on retrouve sous différentes formes : le riz nature, les nouilles de riz, la pâte à rouleau de printemps, etc. Il n’y a donc pas un repas où l’on échappe au riz et on se prend parfois à rêver de plats occidentaux.

DSC_0945Ici pas de supermarchés mais des grands marchés couverts où l’on trouve toutes sortes de produits frais

 

DSC_0928Les rizières à perte de vue

 

Le hasard de la route nous fera tomber sur des découvertes culinaires pour le moins surprenantes car nous goûtons 3 nouvelles choses en 3 jours.

Tout d’abord une des curiosités les plus connues du Cambodge: la mygale frite. Elle fait partie de ces animaux que les cambodgiens ont commencé à manger lors de la période de terreur des khmers rouges, certains n’avaient plus rien à manger et ils ont commencé à cuisiner ce qu’ils trouvaient. Quelques années plus tard cela fait la notoriété du pays et les touristes s’essaient à cette dégustation particulière. Nous décidons donc nous aussi de goûter cela pour l’expérience et nous avons été plutôt agréablement surpris. Outre la sensation que procurent les poils lorsque l’on prend la bête en bouche et la texture pâteuse de l’intérieur de l’abdomen, l’ensemble ferait presque penser à des frites ! Nous pouvons désormais cocher cela sur notre liste : nous avons mangé une mygale!

DSC_1216Un stand où l’on peut acheter toutes sortes d’insectes (crickets, sauterelles, scarabées, mygales…)

 

DSC_1221Jo prêt à manger sa mygale (pour voir la dégustation en vidéo ICI)

 

Le lendemain, à l’occasion de notre traditionnelle pause déjeuner, nous nous arrêtons comme à notre habitude dans l’une de ces nombreuses échoppes qui bordent la route. Sauf que cette fois, au lieu de nous proposer des nouilles ou du riz, on nous propose des œufs qui sont en train de cuire dans un récipient au dessus d’un feu de bois. Nous pensons à des œufs dur ou à la coque, c’est parfait ça nous changera un peu ! Mais nous avons été assez surpris lorsque nous avons ouvert le haut de l’œuf : il n’y avait ni blanc ni jaune, mais un fœtus de poulet déjà bien formé ! Passée la surprise nous ajoutons une petite mixture d’assaisonnement et nous goûtons à ce nouveau plat. Malgré la présence de petits os, l’ensemble est encore assez mou et la sensation en bouche n’est pas désagréable. Le goût quand à lui est assez fade et ferait un peu penser à un œuf classique si l’on n’ajoute pas la petite mixture. Au final ce plat est assez bon si on ne pense pas au fait que l’on déguste un poussin qui n’aura jamais vu le jour.

DSC_1229Le fœtus et son assaisonnement dans l’œuf

 

Enfin, le 3e jour nous essayons de manger du serpent. Ici, de petits stands qui vendent des grillades proposent de temps en temps des petits serpents grillés. Pour être honnête nous sommes cette fois déçus car il n’y a pas grand chose à manger et l’ensemble est bourré d’arêtes. Malgré tout, le peu de chair que nous pouvons manger est très bon et nous aimerions pouvoir en goûter un plus gros pour pouvoir l’apprécier.

 

Nous atteignons finalement le Mekong et nous sommes tout de suite impressionnés par l’immensité de ce fleuve. Étant en période de crue, il est d’autant plus impressionnant et ils déborde parfois de son lit pour inonder les terres environnantes et irriguer les rizières. Nous partons faire une petite balade en bateau et nous découvrons les dauphins qui peuplent quelques parties du Mekong.

DSC_1270Coucher de soleil sur le Mekong à Kratie (a.k.a le plus beau coucher de soleil du Cambodge selon les locaux)

 

Nous remontons ce grand fleuve pour atteindre la ville de Pakse au Laos où nous pourrons faire nos visas pour le Vietnam. Cette ville du sud du pays rassemble une forte population vietnamienne, et cela renforce le sentiment d’etre dans un pays communiste (drapeaux, portrait de leaders communistes, signes d’appartenance au parti, etc.). Nous profitons de notre passage dans la région pour nous rendre au plateau de Boloven et admirer ces paysages et ces cascades dignes de films hollywoodiens.

Notre route se poursuit ensuite à travers le Laos, ce pays à peine plus petit que le Royaume-Uni et qui possède pourtant une population dix fois inférieure. Autant dire qu’il y a de grands espaces au Laos et nous pouvons nous en apercevoir assez vite. Nous passons de longs moments en pleine nature et certains paysages de montagnes nous font même penser aux Alpes et nous rendent un peu nostalgiques… Mais nous nous apercevons que nous sommes bien en Asie lorsque nous débouchons sur un immense plateau inondé après une montée qui n’a pas manqué de nous rappeler que la gravité n’était pas forcément le meilleur ami des cyclistes (surtout chargés comme nous le sommes!). Ce paysage est magnifique, le plateau est gorgé d’eau à cause de la mousson qui s’abat en cette période sur le pays. Malgré quelques doutes nous commençons la traversée du plateau et c’est une fois que nous pensions avoir passé la zone où la route pouvait être inondée que les ennuis commencent réellement. Nous croisons quelques scooter couverts de boue et nous comprenons que la suite ne sera pas une partie de plaisir. En effet, un bourbier se présente à nous et nous avançons difficilement en poussant le vélo dans 40 cm de boue tantôt liquide tantôt collante. Après environ 2h de galère, un pick up nous prend en stop et nous aide à finir ce qui restera l’une des étapes les plus difficiles de ce voyage.

DSC_1336Le plateau inondé que nous devons traverser

 

DSC_1374Le début du bourbier qui s’avérera un des moments les plus difficiles de ce voyage

 

Lors de notre passage au Cambodge et au Laos, dans la plupart des endroits où nous nous sommes arrêtés pour manger nous avons eu droit au même type de soupe : des nouilles de riz, des restes de viande de bœuf ou de porc (intestins, couenne, abats), des pousses de soja, quelques feuilles non identifiés et parfois du calamar. Cette soupe nous a été servie dans les endroits les plus ruraux que nous avons traversé et nous supposons donc qu’il s’agit la d’un des plat de base de ces populations. Une curiosité du Laos est aussi le riz collant qu’ils mangent à la main en compagnie de plats épicés en sauce. C’est pour le moment le seul endroit où nous avons trouvé un tel riz et il est intéressant de voir que malgré de fortes similarités, chaque pays a sa petite différence. Les laotiens ont aussi des petits stands qui servent un genre de crêpes cuites avec énormément de matière grasse et agrémentées par du lait concentré. Exactement le genre de dessert dont on aime abuser !

La fin de notre route au Laos est agréable et une dernière montagne à gravir nous mène au Vietnam pour la suite de ce périple.

DSC_1310A nous le Vietnam !

 

BONUS

 

Poulet Amok

Ingrédients :

- 2 feuilles de brocoli coupées finement
- 100gr de champignons (pleurote)
- 1/2 oignon tranché
- 2 cuillères à soupe de pâte Amok
- 1 filet de poulet coupé finement
- 1 feuille de blette hachée finement
- 4 cuillères à soupe de lait de coco
- 1 cuillère à café de sucre
- 1/2 cuillère à café de poudre de poulet
- 1 pincée de sel
- 2 cuillères à café de sauce poisson

Pâte Amok : Mettre tous les ingrédients ci dessous dans un mortier et pilonner jusqu’à obtenir une substance pâteuse et homogène.
- 1 tige de citronnelle coupée finement
- 1 racine de curcuma coupée finement
- 2 « finger root » (Boesenbergia rotunda) coupées finement
- 1 échalote coupée finement
- 2 gousses d’ail coupées finement

Préparation :

Faire chauffer 2 cuillères à soupe de lait de coco dans un wok et ajouter la pâte amok, le sucre, le sel et 1 cuillère à café de sauce de poisson jusqu’à ce que l’ensemble devienne brun. Ajouter ensuite le poulet, les champignons, l’oignon, la feuille de brocoli,  2 cuillères à soupe de lait de coco, ½ cuillère à café de poudre de poulet, 1 cuillère à café de sauce de poisson.
Laisser mijoter jusqu’à ce que le poulet soit cuit puis servir dans un petit bol accompagné de riz blanc.

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Salade de mangue verte

La salade:
- 1 mangue verte
- 1 carotte
- 20g de basilic
- 1 cuillère à soupe de cacahuètes
- 3 tiges de coriandre
- 1 cuillère à café de sucre
- 2 échalotes
- 1/2 piment doux
- 1 cuillère à soupe de poudre de poulet

La sauce :
- 1 échalote
- 1/2 piment doux
- 2 gousses d’ail
- 1 citron vert
- 1/2 cuillère à café de poudre de poulet
- 1/2 cuillère à café de sucre
- 1 louche d’eau

Hacher très finement l’échalote, le ½ piment doux et les gousses d’ail et mélanger le tout dans un bol. Ajouter le jus de citron vert, le sucre et la poudre de poulet avec une louche d’eau dans le bol. Mélanger le tout et mettre de coté.

Éplucher puis râper la mangue et la carotte. Couper les branches de coriandre en morceaux de 3 cm. Hacher une échalote et la moitié du piment doux, ajouter la poudre de poulet. Faire griller les cacahuètes et les hacher grossièrement.

Mélanger 3 cuillères à soupe de sauce à la salade et ajouter les feuilles de basilic puis saupoudrer de poudre de poulet, de cacahuètes grillées et de sucre. Bien mélanger et servir frais.

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ຄວາມສຸກດ້ານອາຫານຂອງທ່ານ