Nous atteignons directement Kuala Lumpur (Malaisie) depuis le Népal par voie aérienne, et ce à cause de diverses réglementations territoriales qui nous empêchent de passer par le Myanmar ou encore le Tibet. Nous voici donc au sud de la Malaisie d’où nous partirons pour la dernière partie de ce voyage. En effet, nous ne serons désormais plus contraints de prendre l’avion, un moyen de transport qui s’avère pénible et onéreux quand on voyage à vélo.
Le changement est radical, nous nous apercevons tout de suite que la Malaisie est un pays bien plus développé que les deux précédents que nous avons visités, le climat est aussi très humide et la jungle semble omniprésente sur la péninsule.

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Taman Tasik Perdana, la végétation mêlée aux immeubles de Kuala Lumpur

 

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Batu Cave (Kuala Lumpur)

 

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Petronas Towers, Kuala Lumpur

 

A peine arrivé à Kuala Lumpur, notre hôte nous emmène découvrir l’un des quartiers de la ville dédié à la nourriture. Notre première expérience culinaire sera aussi l’une des plus marquantes : nous avons découvert le durian (aussi appelé « king fruit ») et son goût… particulier ! C’est un fruit que l’on aime ou que l’on déteste. Pour notre part, nous appartenons définitivement à la deuxième catégorie… L’odeur est déjà extrêmement repoussante (il est même interdit dans certains lieux publics) et le goût rappelle plus un fruit avarié au vinaigre qu’autre chose… C’est à se demander comment ce fruit est devenu l’un des préférés des populations d’Asie du Sud Est. Pour vous faire une idée, Richard Sterling (reporter de voyage et culinaire pour Lonely Planet notamment) décrit l’odeur du durian comme « celle des excréments de porc, de térébenthine et d’oignons, le tout garni par une vieille chaussette », Alfred R Wallace (naturaliste, explorateur) quant à lui parle de son goût qui « ne peut être décrit que par le qualificatif… d’indescriptible… Votre haleine ressemblera à celle que vous auriez si vous aviez embrassé intensément votre grand-mère morte depuis des lustres. » avant d’ajouter que « manger du durian est une nouvelle sensation, très désagréable, mais qui vaut à lui-même un voyage vers l’Asie, tant ce fruit est unique et particulier ». Tout est résumé dans cette dernière phrase, le durian a une odeur immonde, un goût atroce, mais il vaut tout de même la peine d’être goûté, simplement pour l’expérience unique qu’il procure.

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Le durian, surnommé « king fruit »

 

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Un affiche interdisant le durian dans le métro de Singapour

 

Un petit crochet par Singapour nous permet de découvrir cette ville impressionnante où les cultures occidentales et asiatiques se mélangent à merveille. Ce pôle économique majeur d’Asie s’est développé très rapidement et cela se ressent. La ville a été développée en fonction des besoins actuels des populations, et il est par exemple très facile de trouver des endroits calmes et apaisants au milieu d’une telle métropole. L’une des particularités de Singapour est aussi l’application et le respect très strict des lois, mais aussi l’encouragement à la délation. Ainsi, pour le moindre faux pas on peut se retrouver avec une amende salée… Mais cela a au moins le mérite de faire régner sur cette ville un certain sentiment de sécurité.

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Vue de la baie avec l’hotel Marina Bay Sands

 

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Sentosa, une île artificielle construite au sud de la ville

 

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Garden By The Bay

 

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Vue de la baie et des grattes ciels de nuit 

 

Entre la Malaisie et Singapour, nous faisons vite la découverte des « food court » : ces espèces de hangars qui rassemblent de nombreux stands de nourriture de tous les horizons asiatiques, et parfois même occidentaux. Il est très facile d’y manger pour peu cher (une assiette de nouilles au poulet pour moins de deux euros) et cela permet à tout le monde d’y trouver son compte. Cette nourriture à bas prix nous permet aussi de changer un peu nos habitudes lors de nos journées de vélo. Plus besoin de prévoir un pic-nic pour le midi, il suffit de nous arrêter dans l’une des nombreuses gargotes qui jonchent le bord des routes. A cause de la barrière culturelle et linguistique chaque repas est un peu une surprise car nous ne savons jamais exactement ce qui va nous être servi… Mais dans l’ensemble nous ne sommes pas déçus !

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Quelques uns des nombreux stands de nourriture d’un food court

 

Il nous a fallu aussi nous adapter aux petits déjeuner locaux. Ici pas de pain et de confiture, mais un plat de nouilles ou de riz frit, et il est plutôt inhabituel pour nous de manger du poisson séché à 8h du matin !
Nous découvrons (ou redécouvrons) aussi les thés glacés préparés de manière artisanale et servis sous plusieurs formes (avec ou sans lait, avec ou sans sucre) selon l’ethnie (malais ou chinois principalement) mais toujours délicieux et rafraîchissants pour un prix incroyablement bas (environ 50 centimes le grand verre). Enfin, nous avons souvent l’occasion de boire différentes boissons toutes aussi fraîches comme le jus de canne à sucre, le lait de soja ou encore le lait de coco.

 

Comme pour témoigner de la culture malaisienne, on remarque trois types de cuisine dominantes dans les food court : malaise, chinoise et indienne. En effet, ce sont ces cultures qui composent en grande partie la population du pays. Les malais sont les natifs et originaires de Malaisie et Indonésie, musulmans pour la plupart, les chinois et les indiens sont les descendants d’immigrés qui se sont installés en Malaisie il y a plusieurs générations mais dont la culture d’origine reste très présente. Ainsi, chaque ethnie ne se mélange pas avec les autres, et les descendants d’immigrés doivent parfois faire face au racisme et au rejet qu’ils subissent de la part des malais pure souche.

 

Nous partons ensuite en direction de Taman Negara, la jungle la plus vieille du monde. Malgré la chaleur, le trajet est très agréable et nous empruntons des petites routes au milieu de la jungle où nous découvrons un peu la faune locale (singes, varans, mille-pattes géants, etc…). Nous nous accordons même 2 jours dans la jungle avec une nuit passée dans une grotte en compagnie de centaines de chauve-souris !

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La jungle de Taman Negara

 

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Repas dans la grotte

 

Puis direction la côte via Ipoh ou nous sommes hébergés sur un campus par Ahmad, un professeur d’université. Il a à cœur de nous faire découvrir les produits locaux et nous goûtons une multitude nouveaux fruits dont nous ne connaissions même pas l’existence (ramboutan, mangoustan, nangka…) ainsi que quelques plats malais dont un qu’il nous apprend à cuisiner. Grâce à Ahmad nous avons aussi l’occasion de jouer un match de football avec des étudiants de l’université, et nous pouvons nous rendre compte à quel point les malaisiens aiment ce sport bien que leur équipe nationale ou leur championnat soient faibles. La plupart sont en fait intéressés par le football anglais et nous avons rencontré de véritables fans de clubs comme Liverpool ou encore Chelsea à l’autre bout du monde.

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L’un des nombreux stands de fruits qui bordent les routes

 

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Match de football en compagnie des étudiants de l’université d’Ipoh

 

Notre route en Malaisie nous mène ensuite vers Penang, considérée comme la capitale culinaire de Malaisie. On peut y trouver tout type de nourriture à tout moment (mais encore une fois principalement malaise, chinoise ou indienne), et nous avons surtout été séduits par les « night markets ». Pour nous c’est ici que se trouve la vraie richesse culinaire. Tout est à disposition au même endroit : un rêve !On peut donc goûter un riz au coco dans sa feuille de banane, enchaîner sur des satays (petites brochettes excellentes) puis sur un naan au fromage et d’autres spécialités asiatiques. Nous avons envie de tout manger et c’est notre estomac qui nous demande une trêve avant le lendemain.

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Toutes sortes de fruits confits ou au sirop

 

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Les satays, des brochettes de viandes et de poissons de toutes sortes

 

Nous sommes maintenant proches de la Thaïlande et nous apprenons via le site internet des affaires étrangères françaises que le sud de la Thaïlande est en zone rouge et qu’il est très fortement déconseillé de s’y rendre. Pour l’éviter il nous faut donc prendre un bateau pour Langkawi, une île au nord de la Malaisie, puis de nouveau un autre bateau pour rejoindre la cote thaïlandaise. Ce petit détour nous permet de découvrir Langkawi et de pratiquer diverses activités qu’offre cette île magnifique. Ainsi, grâce à notre hôte, Jeff, nous nous essayons à un peu de spéléologie, nous découvrons des cascades superbes et nous avons même l’occasion de faire un tour de bateau dans la mangrove jusqu’à une ferme à poissons. Ces quelques jours avec Jeff nous permettent de nous rendre compte encore un peu plus à quel point être accueilli par un local est enrichissant. Sans cela nous n’aurions jamais découvert ces endroits « secrets » ni même appris autant de choses sur Langkawi et la Malaisie en général. Nous en profitons donc pour remercier toutes les personnes qui nous on accueillis jusque là et qui nous on permis de découvrir leur région d’une façon tout à fait personnelle. Nous espérons que la suite du voyage sera toute aussi riche en rencontres et partage…

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BONUS

 

La soupe de nouilles d’Ahmad

- 500gr d’émincé de poulet
- 500gr de crevettes
- 15 tiges de Bok Choy (équivalent épinards)
- 3 oignons
- 4 gousses d’ail
- 1 pouce de gingembre
- 1 kg de nouilles fraiches
- Oignons frits
- Perencah sup : poudre pour soupe. Peut-être trouvée au rayon chinois des grandes surfaces
- Chili
- 1 bouillon cube
- Ketchup

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Décortiquer les crevettes. Laver le gingembre et l’écraser au pilon en laissant la peau du gingembre. Rajouter 2 cuillères à soupe de poudre de soupe dans le gingembre précédemment broyé (environ 30 gr). Ajouter un peu d’eau et broyer à nouveau.
Couper l’ail en fine tranche. Couper le bok choy : écraser la tige à plat puis la couper en morceaux de environ 2 cm. De même, couper les feuilles et les garder séparément. Couper les oignons en fines tranches.
Séparer les nouilles dans de l’eau.

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Au wok, faire frire 5 cuillères à soupe d’huile d’olive. Ajouter l’ail et laisser brunir. Ajouter tour à tour les oignons, puis le mix de gingembre + 1/2 verre d’eau, les tiges de bok choy et enfin le poulet. Ajouter de l’eau dans le wok afin de tout recouvrir. Laisser bouillir jusqu’à ce que le poulet soit cuit. Ajouter du sel et le bouillon cube puis mélanger. Enfin, ajouter les feuilles de bok choy et les nouilles puis mélanger pendant une minute environ.

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Servir dans un bol et saupoudrer l’assiette avec les oignons frits et ajouter du ketchup (l’ingrédient secret d’Ahmad). Si vous aimez manger épicé, ajouter le chili !

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Tempura de Jeffery

- 3 cuillères à soupe de farine de riz
- 3 cuillères à soupe de levure chimique
- 3 cuillères à soupe de farine de blé
- 2 cuillères à soupe de farine de mais
- 1 oeuf
- 1 pincée de sel
- Eau
- 1/2L d’huile
- 300gr de porc coupé en cube (peut être remplacé par une autre viande ou même des légumes)

Mélanger les farines à l’œuf  puis ajouter de l’eau jusqu’à obtenir mélange homogène et onctueux. Ajouter le porc et mélanger.
Faire chauffer l’huile dans un wok. Ajouter le porc pièce par pièce dans l’huile brûlante et laisser cuire jusqu’à ce que le tout soit brunît.
Sortir les morceaux de viande cuits et les égoutter.

Se déguste très bien avec une bière !

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Foie façon Jeffery

- 3 cuillières à soupe d’huile
- 300gr de foie coupé en lamelle
- 2 têtes d’ail
- 1 tubercule de gingembre
- 1 oignon
- Sauce d’huître

Dans un wok, mettre le foie à cuire dans l’huile. Ajouter l’ail coupé finement, le gingembre en lamelles, un verre d’eau et la sauce d’huître puis remuer le tout pendant quelques minutes. Ajouter enfin l’oignon coupé en lamelle et laisser cuire environ 5min en remuant.

Cette viande et sa sauce se marieront très bien avec avec du riz blanc.

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Menikmati hidangan anda !

 

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